Un nouvel onglet qui ne vous suit pas
Vous ouvrez cette page des dizaines de fois par jour. Elle mérite d'être choisie avec autant de soin qu'un navigateur.
La page la plus vue de votre navigateur
Comptez vos onglets sur une journée de travail. Trente, cinquante, parfois davantage. À chaque fois, la même page s’affiche pendant une seconde, le temps que vous tapiez une adresse ou cliquiez sur un raccourci. C’est peu de chose vu du dessus, et c’est pourtant le point d’observation le mieux placé du navigateur.
Une extension qui remplace cette page ne se contente pas de dessiner un fond et des icônes. Elle s’exécute chaque fois que vous ouvrez un onglet, elle sait quand vous le faites, et elle voit ce que vous cliquez ensuite. Ajoutez les raccourcis que vous y avez rangés et vous obtenez une image assez fidèle de votre vie numérique.
Ce qu’une extension curieuse pourrait apprendre
Rien de tout cela ne relève de l’exploit technique. Ce sont les informations qui traversent naturellement une page nouvel onglet :
- Les sites qui comptent pour vous. Les raccourcis d’une page d’accueil ne sont pas un échantillon au hasard : ce sont vos outils de travail, votre banque, votre messagerie, vos abonnements, parfois le site d’un employeur ou d’un client.
- Vos horaires. L’heure du premier onglet le matin, celle du dernier le soir, les jours où vous ne travaillez pas. Le rythme d’ouverture des onglets décrit une journée de travail avec une précision gênante.
- Ce que vous cherchez. Si la page comporte un champ de recherche, tout ce que vous y tapez peut être lu avant même d’être envoyé au moteur, y compris ce que vous effacez.
- Vos favoris. Une extension autorisée à les lire obtient d’un coup l’historique de vos centres d’intérêt, souvent sur plusieurs années.
- Votre position approximative. Une adresse IP suffit à situer une ville. Un widget météo qui interroge un serveur maison peut y ajouter la ville exacte que vous avez saisie.
Prises séparément, ces bribes semblent inoffensives. Rassemblées et associées à un identifiant stable, elles forment un profil qui se revend. C’est un modèle économique connu : l’extension est gratuite, agréable à utiliser, et la donnée finance le reste. Rien n’oblige un éditeur à fonctionner ainsi. Encore faut-il pouvoir faire la différence avant d’installer.
Lire la fiche d’une extension avant de l’installer
Le Chrome Web Store donne assez d’éléments pour se faire une idée, à condition de savoir où regarder. Trois minutes suffisent.
La section confidentialité
Sur la fiche de chaque extension, un encadré indique ce que l’éditeur déclare collecter : identifiants personnels, activité de navigation, contenus de sites, localisation. L’éditeur remplit lui-même ce formulaire, mais il engage sa responsabilité, et une fausse déclaration est un motif de retrait. Une extension qui coche « activité de navigation » et « localisation » pour afficher une grille d’icônes vous a déjà répondu.
Cherchez aussi la mention selon laquelle les données ne sont ni vendues, ni utilisées à des fins sans rapport avec la fonction principale de l’extension. Son absence n’est jamais un oubli anodin.
Les permissions demandées
Au moment de l’installation, Chrome affiche la liste des accès réclamés. Deux formulations méritent votre attention.
« Lire et modifier toutes vos données sur tous les sites web » est la permission la plus large qui existe. Elle est justifiée pour un bloqueur de publicité ou un gestionnaire de mots de passe. Elle ne l’est pas pour une page d’accueil, qui n’a besoin d’agir que sur sa propre page.
« Consulter votre historique de navigation » mérite la même question : l’extension propose-t-elle une fonction qui en dépend vraiment, ou la demande-t-elle par confort, une fois pour toutes, dès l’installation ?
Les permissions facultatives
C’est le point le plus utile et le moins connu. Chrome permet à un développeur de déclarer une permission comme facultative : elle n’est demandée qu’au moment où la fonction est réellement utilisée, et vous pouvez refuser sans perdre le reste.
Une extension bien conçue place en facultatif tout ce qui n’est pas indispensable au premier lancement. Une extension qui réclame tout d’emblée vous demande de la croire sur parole pour une fonction que vous n’utiliserez peut-être jamais.
Ce que fait Hoome
Hoome est une page nouvel onglet construite avec cette contrainte au départ, pas ajoutée après coup.
- Tout reste dans votre navigateur. Raccourcis, dossiers, notes, tâches, réglages, image de fond : tout est écrit dans le stockage local de Chrome, et rien de tout cela n’est envoyé nulle part, même avec un compte Premium.
- Aucun compte pour la version gratuite. Pas d’inscription, pas d’adresse électronique, pas de connexion : vous installez, vous utilisez. Premium en demande un, par Google, qui ne connaît que votre adresse et votre abonnement.
- Aucune statistique. Pas de mesure d’audience, pas d’identifiant d’installation, pas de rapport d’erreur envoyé. Nous ne savons pas combien de raccourcis vous avez créés, ni lesquels.
- Les favoris à la demande. L’import des favoris du navigateur est proposé quand vous ouvrez la fenêtre d’import, jamais à l’installation. Chrome vous demande alors l’autorisation, vous cochez les dossiers à reprendre, ils sont lus une fois et jamais modifiés.
- Un mode confidentialité stricte. Une case dans les réglages coupe toute requête réseau, sans exception. La page se rabat sur des initiales colorées à la place des icônes de sites, et le widget météo se tait.
Les requêtes que Hoome émet, dites honnêtement
Une page qui prétend ne jamais rien demander à personne mentirait. Voici les seuls appels réseau que Hoome effectue, et ce qu’ils transportent.
Les icônes des sites. Pour afficher le logo d’un raccourci, l’extension demande l’icône du domaine aux services publics de Google et de DuckDuckGo. Ce qui part est le nom de domaine, rien d’autre : ni l’adresse complète, ni le contenu de la page, ni un identifiant. L’icône obtenue est ensuite conservée localement, donc la demande n’est pas répétée à chaque onglet. Vous pouvez aussi remplacer n’importe quelle icône par une image de votre choix ou par des initiales, et ne rien demander du tout.
La météo, si vous l’activez. Le widget est désactivé par défaut. Une fois activé, il interroge Open-Meteo, un service ouvert qui ne réclame ni compte ni clé, avec les coordonnées de la ville que vous avez choisie. Quand vous cherchez cette ville dans les réglages, le texte saisi part au même service pour retrouver ses coordonnées. Rien d’autre ne circule.
Le compte, si vous prenez Premium. Il se crée par Google, depuis les réglages de l’extension ou sur hoome.dev. L’extension parle alors à notre serveur pour vous connecter et relire votre offre, et à rien d’autre : ni raccourci, ni dossier, ni note ne part. Sans compte, cet échange n’existe pas.
Ces requêtes vous gênent ? Le mode confidentialité stricte les supprime toutes. C’est une case à cocher, pas une version payante.
Vos données vous appartiennent, y compris pour partir
Le local a un revers : ce qui n’est nulle part ailleurs peut disparaître. Hoome prend le sujet au sérieux.
Dix sauvegardes automatiques sont conservées en permanence et se remplacent à tour de rôle. Si un import se passe mal ou qu’une manipulation efface un dossier, vous revenez en arrière.
L’export produit un fichier JSON lisible qui contient tout : raccourcis, dossiers, réglages, notes, tâches. Vous le rangez où vous voulez, vous le réimportez sur un autre ordinateur, ou vous le gardez le jour où vous décidez de changer d’extension. Aucune donnée n’est retenue en otage, parce qu’aucune donnée n’est de notre côté.
Pour aller plus loin
Le détail juridique complet, service par service, figure dans la politique de confidentialité. Si vous devez justifier l’usage de Hoome auprès d’un service informatique ou d’un délégué à la protection des données, la page destinée aux entreprises rassemble les éléments habituellement demandés.
Et si vous cherchez d’abord à reprendre la main sur cette page, les questions fréquentes expliquent les options natives de Chrome avant d’envisager la moindre installation.