Vous utilisez une extension sur votre ordinateur, vous la cherchez sur votre téléphone, et le Chrome Web Store vous propose un bouton « Ajouter au bureau ». La réponse courte : Chrome n’installe aucune extension, ni sur Android ni sur iPhone. C’était vrai à son arrivée sur les téléphones, ça l’est toujours en octobre 2026, et aucun réglage caché ne change la donne.
La réponse longue est plus utile : selon ce que vous voulez faire, bloquer les publicités, retrouver vos mots de passe, passer YouTube en mode sombre, il existe des solutions sur téléphone. Et quelques pièges, qui promettent plus qu’ils ne tiennent.
Pourquoi Chrome mobile n’accepte pas d’extension
Sur Android, Chrome n’a jamais ouvert la porte aux extensions, et Google n’a jamais annoncé qu’il le ferait. Les raisons qu’on avance sont connues : un téléphone a moins de mémoire et de batterie qu’un ordinateur, et chaque extension est une porte de plus sur ce que vous faites. Il n’existe ni option, ni drapeau expérimental, ni astuce qui les active dans le Chrome du Play Store.
Sur iPhone et iPad, la question ne se pose même pas de la même façon. Chrome y repose sur le moteur d’Apple, celui de Safari, avec l’interface de Google par-dessus. Les extensions de Chrome ne fonctionnent pas sur ce moteur, et Chrome pour iPhone n’en propose aucune.
Un réglage trompe souvent : Version pour ordinateur, dans le menu de Chrome sur téléphone. Il demande aux sites leur mise en page d’ordinateur, rien de plus. Les extensions restent hors d’atteinte.
Ce que fait le bouton « Ajouter au bureau »
Sur un téléphone, la fiche d’une extension sur le Chrome Web Store ne propose pas « Ajouter à Chrome », mais Ajouter au bureau. Ce bouton n’installe rien sur le téléphone : il installe l’extension dans le Chrome de votre ordinateur, si celui-ci est connecté au même compte Google. C’est pratique quand on découvre une extension en lisant un article dans le métro : elle vous attend sur l’ordinateur.

Sur Android : ce qui marche
Firefox pour Android. C’est le seul grand navigateur mobile qui ouvre un vrai catalogue d’extensions. Depuis fin 2023, Mozilla y accueille des centaines d’extensions adaptées au téléphone, dont des noms connus sur ordinateur : uBlock Origin, Privacy Badger, Dark Reader, SponsorBlock. Elles s’installent depuis le menu de Firefox, rubrique Extensions, ou depuis le site des modules de Mozilla. Toutes les extensions de l’ordinateur n’y sont pas : une extension n’y figure que si son auteur l’a rendue compatible.

Samsung Internet. Le navigateur des téléphones Samsung a ses propres modules, à installer depuis le Galaxy Store : surtout des bloqueurs de contenu et quelques outils. Ce ne sont pas les extensions de Chrome, et leur choix dépend de l’appareil et du pays.
Microsoft Edge, en test. Kiwi Browser était le navigateur Android qui faisait tourner les extensions de Chrome. Il s’est arrêté début 2025, et son code a rejoint la version de test d’Edge pour Android, Edge Canary : on y installe une extension par son identifiant, depuis les options pour développeurs. C’est une version d’essai, pour les curieux, pas pour un téléphone dont on dépend.
Les navigateurs qui promettent tout le Chrome Web Store. Quelques navigateurs peu connus affirment faire tourner n’importe quelle extension de Chrome sur Android. Avant d’en installer un, posez-vous trois questions : qui le publie, quand a-t-il été mis à jour, et lui confieriez-vous vos mots de passe ? Car un navigateur voit tout ce que vous faites, et une extension aussi. Beaucoup de tutoriels citent encore Kiwi : ils sont périmés.
Sur iPhone et iPad : ce qui marche
Safari. Il a ses propres extensions, distribuées comme des applications sur l’App Store, puis activées dans les réglages de Safari, section Extensions. Beaucoup de grands noms existent en version Safari : des gestionnaires de mots de passe, des bloqueurs de publicités, des thèmes sombres. Ce ne sont pas les mêmes fichiers que sur Chrome, mais souvent les mêmes services.
Orion. Ce navigateur pour iPhone et iPad, publié par Kagi, accepte une partie des extensions de Chrome et de Firefox. Le support reste partiel : une extension peut s’installer et ne marcher qu’à moitié.
Chrome pour iPhone, lui, n’en accepte aucune.
Souvent, il n’y a pas besoin d’extension
Sur un téléphone, beaucoup de ce que font les extensions passe par une application, ou par un réglage que Chrome ou le téléphone ont déjà.
- Les mots de passe. Bitwarden, Proton Pass et les autres gestionnaires existent en application. Une fois choisie dans les réglages du téléphone, rubrique du remplissage automatique, l’application remplit vos identifiants dans Chrome comme dans les autres applications. Aucune extension n’est nécessaire.
- La traduction. Chrome traduit lui-même une page sur téléphone : menu, puis Traduire.
- Les publicités. Chrome bloque déjà les publicités les plus envahissantes, pas les autres. Pour aller plus loin sans changer de navigateur, Android accepte un DNS privé, dans les réglages réseau du téléphone : un service de DNS filtrant y bloque une grande partie des publicités, dans toutes les applications. Sinon, Firefox et uBlock Origin font le travail.
- La lecture. Chrome sur Android sait afficher un article en vue simplifiée, sans le décor de la page, dans ses réglages d’accessibilité.
Et la page nouvel onglet ?
Les extensions qui remplacent le nouvel onglet, comme Hoome, la nôtre, sont des extensions pour ordinateur. Sur un téléphone, Chrome garde sa propre page nouvel onglet, avec ses raccourcis et ses suggestions d’articles.
Hoome s’installe dans Chrome, Firefox, Edge et Brave sur ordinateur, et votre page vous suit d’un ordinateur à l’autre par la synchronisation de votre navigateur. Sur téléphone, le bouton « Ajouter au bureau » vous la garde pour l’ordinateur. Si vous cherchez d’autres extensions à installer là-bas, notre sélection des meilleures extensions Chrome en 2026 les range par usage.
Les pièges à éviter
- Un « Chrome avec extensions » à télécharger hors du Play Store. Un fichier d’installation venu d’un site inconnu peut contenir n’importe quoi, et un navigateur modifié voit tous vos mots de passe. Jamais.
- Une application qui se présente comme une extension. Le Play Store et l’App Store ont leurs imitations : une application ne devient pas une extension de Chrome parce qu’elle en porte le nom.
- Les vieux tutoriels. Le monde des extensions mobiles a beaucoup bougé en 2024 et 2025. Un guide qui recommande Kiwi Browser date d’avant son arrêt.
Les questions qu’on se pose
Les extensions arriveront-elles un jour sur Chrome pour Android ? Google n’a rien annoncé pour les téléphones. Si cela change, ce sera une nouvelle importante, et les extensions en parleront les premières.
Et sur un Chromebook ? Un Chromebook fait tourner le Chrome des ordinateurs : toutes les extensions du Chrome Web Store s’y installent, Hoome comprise.
Mes extensions se synchronisent-elles sur mon téléphone ? Non. La synchronisation de Chrome emporte vos extensions d’un ordinateur à l’autre, pas sur le téléphone, qui ne saurait pas les faire tourner. Vos favoris, vos mots de passe et votre historique, eux, suivent bien.
Et sur une tablette Android ? C’est le même Chrome que sur le téléphone : aucune extension. Firefox pour Android, lui, s’y installe avec son catalogue.
En résumé
| Appareil | Navigateur | Extensions |
|---|---|---|
| Téléphone ou tablette Android | Chrome | Aucune |
| Téléphone ou tablette Android | Firefox | Une sélection de son catalogue |
| Téléphone Samsung | Samsung Internet | Ses propres modules, par le Galaxy Store |
| Téléphone ou tablette Android | Edge Canary | En test, par identifiant |
| iPhone, iPad | Chrome | Aucune |
| iPhone, iPad | Safari | Les extensions Safari de l’App Store |
| iPhone, iPad | Orion | Une partie de celles de Chrome et de Firefox |
| Ordinateur, Chromebook | Chrome | Toutes celles du Chrome Web Store |
Sur un téléphone, mieux vaut choisir son navigateur pour ses extensions que chercher à forcer Chrome. Et pour tout le reste, l’ordinateur reste l’endroit où les extensions donnent leur pleine mesure.